Chaque millésime se dessine bien avant les vendanges. Ce premier carnet retrace les décisions prises dans les vignes et au chai de janvier à fin juin 2026.
Nous souhaitons partager les temps forts qui façonnent, mois après mois, le millésime 2026 de Château Clarisse. Comprendre l'année, c'est anticiper le millésime.
Janvier
Le temps de la taille
La taille ouvre l'année, parcelle par parcelle, selon la méthode Simonit & Sirch. Cette taille douce respecte les flux de sève, limite les grosses plaies et construit une architecture de cep équilibrée. Un travail lent, à la main, qui protège le domaine des maladies du bois.
Sur 24 hectares, 4 sont boisés et 4 laissés en jachère : 16 hectares en production, des vignes de 20 ans en moyenne et deux parcelles plantées il y a 75 ans, dont naît la cuvée Vieilles Vignes.
Le mois est pluvieux et les sols du Libournais saturés. Chaque passage d'engin est alors calé sur les fenêtres où la portance du sol le permet : on préfère attendre plutôt que tasser une terre qu'il faudrait des années à restructurer. Dans la nuit du 5 au 6 janvier, la Gironde connaît un épisode de neige et de verglas.
Au chai, le millésime 2025 achève ses fermentations malolactiques : l'acidité s'apaise, les vins gagnent en rondeur.
Février
Les premiers signes du réveil
Le Chardonnay se réveille le premier. Cépage précoce, il ouvre ses bourgeons avant les rouges : les 4,3 hectares répartis sur sept parcelles, plantés depuis 2020, entrent sous surveillance rapprochée dès les premiers signes de débourrement.
Dans les rangs, la taille se poursuit et le carassonnage commence : remplacement des piquets et des fils endommagés, contrôle des amarres, remise en tension. Le tirage des bois démarre dans les premiers Merlot, où les sarments coupés sont retirés des fils. Un premier passage de girotondeuse maîtrise un enherbement déjà vigoureux.
Le mois reste humide et les températures particulièrement douces pour la saison. Cette combinaison avance la reprise de la végétation de plusieurs semaines : toute l'organisation du printemps est recalée en conséquence.
Mars
Protéger les Chardonnay
Le 27 mars, les températures chutent brutalement. Les Chardonnay, déjà débourrés, sont en première ligne. Des bougies antigel sont installées dans les parcelles les plus exposées deux nuits consécutives. Ces mêmes parcelles ouvriront, le 17 août, la cinquième vendange de Chardonnay du domaine.
Le reste du mois, le travail s'intensifie à la faveur de sols enfin ressuyés : fin de la taille sur les dernières parcelles, attachage des baguettes sur le fil porteur pour répartir régulièrement les futures grappes, décavaillonnage, début du travail du sol entre les rangs. La parcelle 32 est préparée en vue d'une nouvelle plantation de Chardonnay.
Les haies du domaine sont entretenues, pour leur intérêt paysager comme pour leur rôle de refuge de biodiversité.
Avril
Le retour dans les rangs
Le palissage est remis à neuf sur l'intégralité des parcelles. Retardé par les pluies de mars, le carassonnage s'achève enfin : il fallait terminer avant que la végétation ne prenne trop d'ampleur, car c'est ce palissage remis à neuf qui soutiendra les rameaux toute la saison.
L'entretien du sol entre les rangs se poursuit et l'intercep passe sous le rang, au plus près des ceps. Ce désherbage mécanique, plus lent et plus exigeant qu'un traitement, limite le recours aux herbicides : c'est l'un des marqueurs concrets de la viticulture raisonnée conduite sur le domaine.
Le mois est sec, doux et ensoleillé, avec un épisode de chaleur précoce du 4 au 10 avril. Des conditions qui permettent de rattraper l'intégralité du retard accumulé pendant l'hiver.
Mai
La vigne prend de la hauteur
Les travaux en vert commencent. Premier levage dans les merlot : les fils mobiles sont relevés pour maintenir les rameaux à la verticale, mieux les répartir et limiter la casse. Épamprage au pied des ceps, où les pousses non fructifères concurrencent les rameaux porteurs de raisins. Chaque geste prépare la récolte à venir.
Le mois s'ouvre sur un temps instable qui, associé à la hausse des températures, crée des conditions favorables au mildiou et à l'oïdium. La protection préventive est mise en place sans attendre. À partir du 20 mai, un temps anticyclonique très chaud et sec s'installe et assainit la situation sanitaire.
Au chai, le foudre emblématique dans lequel s'élève la cuvée Vieilles Vignes est resserré : ses cercles sont retendus autour des douelles pour en préserver l'étanchéité.
Juin
Une nouvelle parcelle de Chardonnay
La parcelle 32 est plantée en Chardonnay. Les jeunes plants proviennent des Pépinières Guillaume : une sélection massale greffée sur porte-greffe 420A, réservée un an à l'avance. Mis en terre après les travaux préparatoires de mars, ils prolongent un projet engagé en 2020 : 4,3 hectares sur sept parcelles, plus d'un hectare entrant en production cette année, deux hectares attendus en 2027, et à terme 30 à 40 % du vignoble.
La fin du mois est marquée par une chaleur exceptionnelle sur toute la Gironde. Les jeunes plants font l'objet d'une vigilance constante et l'entretien des sols entre les rangs devient un enjeu d'eau : limiter la concurrence de l'herbe, c'est préserver la ressource pour la vigne.
Face à ces extrêmes, le terroir joue son rôle de régulateur. Les sols calcaires du plateau ont maintenu une maturation régulière et préservé la fraîcheur recherchée par l'équipe du domaine.
Repères 2026
Six mois de travail, quelques chiffres pour situer le millésime.
24 ha
de domaine, dont 4 ha boisés, sur des sols de calcaire à astéries de l’Oligocène
20 %
du domaine en jachère, soit 4 ha selon une rotation de 5 ans
50 % Cabernet Franc
45 % Merlot et 5 % Carménère, Petit Verdot et Malbec pour l’encépagement rouge
4,3 ha
de Chardonnay répartis sur sept parcelles, avec un objectif de 30 à 40 % du vignoble
50 %
de la production de Clarisse Chardonnay destinée à l’export
93/100
attribué par Andreas Larsson à Clarisse Chardonnay 2023