Les vins : Quelle cuvée choisir ?

Clarisse, Chardonnay
Vin de France
-
Occasion
Une belle table
3 mots
Aromatique, crémeux, tendu
A table
Crustacés, poissons, volailles grillées ou en sauce
A boire
Dès aujourd'hui, ou après quelques années de cave
Cépages
Chardonnay

CHÂTEAU CLARISSE
Puisseguin-Saint-Emilion
-
Occasion
Une belle table
3 mots
Fruité, structuré, ancré
A table
Gibier, cèpes,
viandes rôties
A boire
Dès aujourd'hui, ou après quelques années de cave
Cépages
Merlot, Cabernet Franc

CHÂTEAU CLARISSE
Cuvée Allegria
Castillon Côtes de Bordeaux
Occasion
Un moment simple
3 mots
Gourmand, généreux, franc
A table
Apéritif, charcuterie, fromages, desserts au chocolat
A boire
Dès aujourd'hui
-
Cépages
Merlot

CHÂTEAU CLARISSE
Vielles Vignes
Puisseguin-Saint-Emilion
Occasion
Une belle table
3 mots
Soyeux, profond, racé
A table
Gibier, viandes au goût prononcé
A boire
Aujourd'hui pour le plaisir, demain pour la profondeur
Cépages
Merlot de vieilles vignes,
Cabernet Franc
Journal des millésimes
Le millésime 2025 s’inscrit dans la lignée des grands millésimes contemporains à Bordeaux. Précoce, chaud et sec, il a donné naissance à des raisins sains, concentrés et bien structurés, dans un contexte de rendements maîtrisés et d’excellente tenue sanitaire. Portée par une dynamique végétative rapide mais globalement régulière, l’année conjugue maturité, équilibre et précision, dessinant des vins charnels, élancés et résolument actuels.
Dès le début du cycle, 2025 a montré un profil particulièrement précoce. Le débourrement, la floraison puis la véraison se sont installés en avance, dans une chronologie proche de celle des millésimes solaires récents, notamment 2022. Cette précocité s’inscrit dans une tendance désormais bien identifiée à Bordeaux, avec une avancée progressive des stades phénologiques et une concentration plus rapide des maturités.
Cette avance ne s’est pas accompagnée de désordre végétatif. Au contraire, les conditions du printemps ont favorisé un débourrement homogène, une croissance soutenue et un bon fonctionnement physiologique de la vigne. Le cumul de précipitations, proche de la normale, a permis une recharge satisfaisante des réserves hydriques des sols, assurant à la plante une alimentation en eau non limitante dans les premières phases du cycle. Cette bonne disponibilité hydrique, combinée à une activité biologique efficace des sols, a contribué à installer des bases solides pour la suite de la saison.
Le potentiel de récolte s’est ensuite dessiné dans des conditions globalement favorables. Si le nombre de grappes observé au printemps paraissait légèrement en retrait, les bonnes conditions de floraison et de nouaison ont permis de sécuriser un volume cohérent. Sur le plan sanitaire, le millésime s’est révélé particulièrement satisfaisant. Malgré une précocité qui exposait la vigne plus tôt à certains risques phytosanitaires, l’absence de longues périodes d’humectation foliaire a limité la pression des maladies. Avec un mois d’août sec, l’état sanitaire est resté excellent jusqu’aux vendanges.
L’été a ensuite donné sa véritable signature au millésime. Plus chaud que les normales, il a favorisé une forte activité végétative et une accumulation rapide des maturités. À mesure que les réserves en eau diminuaient, un stress hydrique marqué s’est installé à partir de la véraison, contribuant à la concentration des composés phénoliques et aromatiques. Cette évolution a renforcé la richesse du millésime, tout en accentuant parfois le décalage entre maturité technologique, maturité aromatique et maturité phénolique.
Les vendanges ont logiquement été précoces et rapides, dans un contexte de fortes chaleurs imposant des décisions réactives face à l’évolution des équilibres. Cette vigilance a été essentielle pour préserver la fraîcheur aromatique, éviter les excès de sucres et récolter les raisins au plus juste de leur potentiel. 2025 apparaît ainsi comme un millésime demandant une grande précision dans la lecture des maturités et dans le choix des dates de vendange.
En cave, le millésime impressionne par la qualité de ses équilibres. Les degrés restent mesurés, autour de 13°, sans excès de sucrosité, tandis que les acidités figurent parmi les plus basses de ces dernières années, tout en demeurant suffisantes pour conserver énergie et relief. La richesse tannique apparaît particulièrement remarquable, liée à la petite taille des baies et à la forte concentration des pellicules. Les pépins, globalement mûrs et peu astringents, laissent entrevoir des vins amples, harmonieux et structurés, sans nécessité de forcer l’extraction.
La comparaison avec 2022 s’impose naturellement. On retrouve ici un même caractère solaire, un profil à la fois charnel et élancé, ainsi qu’une belle richesse de structure. Mais 2025 semble aussi se distinguer par une forme de maîtrise dans les équilibres, grâce à des vendanges conduites avec précision pour préserver l’éclat aromatique, des niveaux d’alcool cohérents et une belle tenue acide. Il en résulte des vins contemporains, généreux sans lourdeur, dont la richesse du millésime ne masque ni la lisibilité du fruit ni l’élégance de la trame.
Après un printemps très humide et peu ensoleillé, la vigne a subi, dès avril, une pression de mildiou exceptionnelle, renforcée en mai par des pluies régulières qui mettaient la récolte en péril jour après jour. La vigilance était de rigueur : l’ajustement des travaux en vert et une protection mesurée ont été décisifs pour préserver le potentiel de la récolte.
L’été a débuté par un épisode de grêle touchant une partie du vignoble du Fronsadais et de Pomerol. Malgré une courte période ensoleillée qui a pu laisser espérer une belle récolte, les pluies fréquentes ont à nouveau fragilisé la vigne et mis en danger les espoirs d’une récolte optimale.
Septembre a commencé frais et pluvieux avant de connaître un net redoux en fin de mois, ouvrant, par touches successives, des fenêtres de maturité. Cela a imposé des vendanges échelonnées et un tri particulièrement rigoureux.
À Puisseguin, 2024 se présente comme un millésime aromatiquement fruité : la précision des choix, tant à la vigne qu’en cuverie, les extractions maîtrisées et les élevages mesurés ont permis de préserver tout l’éclat du fruit.
Au final, 2024 signe des rouges à l’équilibre frais, aux alcools modérés et à la trame digeste, privilégiant la pureté du fruit et la lisibilité du terroir plutôt que la puissance.
Si dans un premier temps l’automne 2022 a été très chaud, dans le prolongement de l’été; l’hiver a lui été légèrement plus froid que les années précédentes, mais dans la moyenne décennale, avec des précipitations variables selon les mois, mais elles aussi normales. Le printemps a été plus chaud que la moyenne et nous avons basculé en avril dans une atmosphère humide et chaude, avec des précipitations régulières, même si peu abondantes.
C’est cette combinaison de facteurs qui a provoqué une forte pression mildiou, particulièrement en juin . Le suivi de notre équipe dans le vignoble a dû être méticuleux, les cadences de traitements sans faille et la qualité du travail exemplaire, d’autant plus dans notre démarche en agriculture biologique.
Nous avons donc dû redoubler d’effort pour mettre le vignoble et les raisins dans les meilleures conditions de maturité en vue des vendanges. L’été survient, avec sa sécheresse et ses températures élevées (2°C au-dessus des normales) qui donnent un coup de fouet à la maturité de notre Chardonnay, qui sera récolté la dernière semaine d’août. Entre le 4 et le 7 septembre, les températures montent encore d’un cran, lançant les récoltes de nos cépages rouges issus de jeunes vignes, à partir du 10. Les précipitations du 10 au 12 septembre nous ont forcé à reporter le reste des vendanges de quelques jours , en commençant par nos Merlots puis nos Cabernets Francs, pas du tout sujets au mildiou tout au long de la saison.
Notre restructuration entamée dès 2009 pour aller vers 50% de Cabernet Franc planté sur le vignoble s’est une nouvelle fois avérée payante, ces derniers ayant été particulièrement qualitatifs cette année et ayant permis à nos équipes de vendanger sereinement, de manière saccadée, afin d’appréhender au mieux l’hétérogénéité de maturité sur nos différentes parcelles. Comme chaque année, nous avons terminé avec notre parcelle de Carménère, qui aura elle bénéficié d’une fin septembre estivale pour atteindre sa parfaite maturité.
Au final, les potentiels aromatiques de nos jus sont bons quel que soit le cépage, avec une bonne intensité aromatique sur des profils de fruits mûrs. Le millésime s’annonce donc digeste, gourmand et agréable, sans excès et sans opulence. Nos assemblages, dans la continuité des millésimes précédents, avec toujours une proportion de plus en plus importante de Cabernet Franc, chercheront à conserver toute la rondeur et le côté soyeux des tannins. Nul doute que les vins de ce millésime “ de vignerons” sauront s’apprécier dans leur jeunesse mais également après de belles années de garde, afin de révéler tout leur potentiel.
L’automne puis l’hiver ont été particulièrement secs (on observait déjà un déficit de 35% en eau), assez doux, le mois de février a même été plutôt chaud (2,2 degrés au-dessus des normales saisonnières). Cette douceur hivernale, a été responsable d’un débourrement précoce fin mars.
L’été a été anormalement chaud : difficile en effet de ne pas avoir remarqué les épisodes climatiques répétés en juin, juillet puis août, avec des températures très élevées, jusqu’à quatre degrés au-dessus des normales, et plusieurs jours d’affilée.
La véraison a lieu généralement fin juillet. La vague de chaleur mi-juillet a bloqué la véraison par endroits : la vigne a retenu son souffle, la photosynthèse a été ralentie, les organismes mis à rude épreuve. Cependant, les conséquences de cet été caniculaire ne seront pas du tout les mêmes qu’en 2003. Certes la production de composés phénoliques et la petite taille des baies sont des facteurs physiologiques limitant de flétrissement. Il faut surtout souligner que la viticulture a depuis 20 ans énormément évolué. Elle a dû s’adapter à la nouvelle donne climatique. Les équipes sont aujourd’hui soucieuses des équilibres, cherchent à recréer la vie dans les sols, structurent la matière organique pour une meilleure alimentation des plantes, créent un complexe argilo-humide favorable pour que les sols soient aérés et pas compacts. De toute évidence, les vignes dont les sols ont été travaillillés dans cet esprit ont beaucoup mieux résisté aux à-coups de chaleur. Les raisins sont ainsi plus équilibrés, moins déshydratés, les arômes plus frais, moins pruneaux. On doit clairement tirer un grand coup de chapeau à ces vignerons, à leurs équipes, qui ont dû anticiper (en prenant la décision de moins effeuiller par exemple), et qui se sont montrés plus précis, plus pointus encore dans leur travail.
Des vendanges à plusieurs vitesses Les conditions très chaudes en juillet et août favorisent la dégradation des acides organiques (acide malique et acide tartrique principalement) présents dans les baies de raisin. Les contrôles de maturité répétés début août mettent en évidence une chute rapide (plus de 50%) de l’acidité totale et surtout de l’acide malique donnant aux vins un caractère éclatant et vif.
Les vendanges 2022 se sont conduites dans des conditions extrêmement agréables, sans stress. On a pris le temps de ramasser à la carte, au gré des décalages de maturité, puisque la météo très clémente le permettait. Début septembre, on avait encore parfois d’importants décalages entre la maturité technologique (qui était là), polyphénolique (qu’on a tardé davantage à obtenir) et aromatique.
Cette année plus encore, il ne fallait pas aller trop loin en vinification : ne pas trop extraire, se mesurer et se retenir ; à ce titre, on a joué une course de fond cette année, pas un sprint ! Les temps, les températures de macération ont été adaptés en fonction des éventuels blocages de la plante, de l’âge des vignes, etc. Quand on avait de beaux potentiels, on a surtout cherché la mesure et l’équilibre pour éviter de tomber dans les travers d’une sur-extraction de tanins. Pour autant il fallait éviter une sous extraction donnant des vins longilignes, ne faisant ressortir que l’alcool. La dégustation tout au long des macérations a été capitale pour ajuster au mieux le travail des vins et pour rechercher les meilleurs équilibres. Les degrés, quant à eux, ne devraient pas être aussi affolants que dans les années dites solaires. Il n’est pas rare de trouver des merlots à 14,5 et quelques cuves autour des 15. Les cabernet sauvignon et francs sont quant à eux autour des 13-13,5. Il est important de prendre en compte les équilibres entre l’alcool, le pH, l’acidité totale et bien sûr la richesse en composés phénoliques pour comprendre que 2022 n’est pas un millésime caricatural mais de façon surprenante bien équilibré. Nous le soulignions, la conduite du vignoble a été adaptée aux conditions du millésime : la hauteur de palissage a souvent été abaissée pour avoir moins de feuilles, donc moins de photosynthèse, moins de sucre dans les raisins, et donc moins d’alcool. On a également moins effeuillé (pour avoir moins de concentration des baies), les porte-greffes sont aujourd’hui moins vigoureux, on enherbe davantage ; les équipes ont fait des choix décisifs – et efficaces - pour affronter ce type de climat. Elles sont beaucoup moins interventionnistes qu’autrefois.
Julien Viaud, Œnologue Consultant - Cabinet Michel Rolland & Associés
En 2021, le vignoble bordelais renoue avec une longue tradition de millésimes sauvés par une arrière-saison à la climatologie inespérée. Comme souvent, les merlots ont davantage souffert de l’été maussade et de l’arrêt de croissance tardif, en particulier sur les sols légers. Si les raisins ont été récoltés avec des teneurs élevées en acide malique, les vins présentent, après fermentation malo-lactique, des niveaux de pH et d’acidité tout à fait classiques.
Ils sont fruités, correctement colorés et avec une texture souple. La taille importante des baies, caractéristique singulière de cette année, se ressent par un manque de concentration fréquent en milieu de bouche. Sur les meilleurs terroirs du Libournais, présentant un fonctionnement hydrique plus régulier, les merlots possèdent néanmoins plus de chair et peuvent être bien réussis.
Les cabernet-francs de la rive droite sont de très bon niveau. L’épisode anticyclonique de début octobre a permis de différer leur récolte et ils en ont pleinement profité. Parfumés et veloutés, ils jouent un rôle important dans les assemblages.
L’installation du beau temps en octobre a permis de rassurer les viticulteurs et d’atteindre, généralement, de bons niveaux de maturité pour les cabernet-sauvignon. Colorés, frais et aromatiques, les vins de cabernet-sauvignon possèdent une structure tannique sérieuse et une belle profondeur, en particulier sur les grands terroirs de graves.
Si les vins rouges n’ont pas, en début d’élevage, le niveau d’intensité et de concentration des trois millésimes précédents, de belles réussites existent sur les deux rives. 2021 restera ainsi dans les mémoires comme un millésime particulièrement éprouvant pour les vignerons, heureusement récompensés de leurs efforts par une fin de saison providentielle.
2019, un millésime aux multiples rebondissements.
Après la relative fraîcheur et l’humidité du mois de janvier, la douceur s’est installée de février à mars, avec des journées anormalement sèches et chaudes (+2°C par rapport aux normales saisonnières), lesquelles ont provoqué un débourrement précoce, toujours source d’inquiétude par rapport aux gelées tardives.
Les peurs étaient justifiées : les 4 et 14 avril ainsi que les 5 et 6 mai, le mercure avoisinait 0°C. Certaines parcelles, près des bois ou dans des couloirs venteux, ont été touchées. Début juin, l’augmentation significative des températures a permis une floraison et une nouaison rapides et homogènes. L’anticyclone s’est alors installé et nous a protégés tout au long de l’été.
L’été est marqué par une succession d’épisodes caniculaires avec un record de 40°C atteint le 23.
En septembre, les fortes amplitudes thermiques (12°C nuit et 26°C jour) ont permis une très bonne synthèse des anthocyanes. Les vendanges se sont déroulées en deux temps. Première phase, mi-septembre, sous un ciel radieux et des températures caniculaires. Les merlots sont rentrés mûrs et goûteux. Fin septembre, l’arrivée d’une dépression a engendré une diminution salvatrice des degrés alcooliques potentiels et permis aux cabernets francs de parvenir à une maturité optimale. Deuxième phase de récolte début octobre pour récolter les merlots tardifs et les premiers cabernets francs. Les vendanges se sont terminées mi-octobre sur les parcelles de Cabernets francs tardives.
L’hiver 2016/17 est marqué par une sécheresse historique. Il faut attendre février pour que les pluies reviennent. Si décembre et janvier furent froids et secs, la douceur et l’humidité de février/mars ne permettent pas de rattraper le manque de pluviométrie. Le millésime commence donc avec des sols secs, facilement réchauffés par les premiers rayons de soleil du printemps, ce qui entraîne un débourrement précoce. Les bourgeons éclosent dans les derniers jours de mars. Avec des sols secs et chauds, la vigne pousse à toute vitesse et il n’y a pas de pluie. On constate déjà des pousses de 10 cm avec, parfois, une dizaine de feuilles étalées. Les petites mannes laissent espérer une jolie récolte, homogène et relativement précoce. Dès le 16, le temps se refroidit radicalement, les nuits sont glaciales. Dans la nuit du 20 avril, le gel frappe une première fois le vignoble puis, au petit matin du 28.
Hormis quelques épisodes orageux, c’est la chaleur et la sécheresse qui caractérisent ce mois de mai. À la fin de la première quinzaine, les vignes gelées repartent sur des bourgeons de seconde génération. Les vignes non gelées continuent leur pousse et ouvrent leurs premières fleurs dès la fin de mois. Les vignes touchées poussent de manière anarchique, buissonneuses, et demandent un travail précis d’ébourgeonnage.
Juin est estival ; on semble installé au cœur de l’été. Les températures sont parfois caniculaires mais les orages sont fréquents, évitant ainsi les problèmes de stress hydrique. La croissance de la vigne est très rapide et nécessite beaucoup de main-d’œuvre pour entretenir les palissages. La floraison est groupée et rapide.
Dès les premiers jours de juillet l’été semble s’éloigner. Quelques journées chaudes et surtout des nuits douces contribuent toutefois à donner une moyenne de température plutôt correcte. Le manque de lumière et de soleil se fait ressentir. Les pluies orageuses de juin ont suffisamment remonté le taux d’humidité des sols. C’est finalement un mois plus propice aux grappes de seconde génération, qui se retrouvent fin juillet au stade de fermeture.
Le soleil revient très fort durant les premiers jours d’août, mais la fraîcheur reprend le dessus dès le 5, et il faut attendre le 20 août pour retrouver des températures estivales.
Dès les premiers jours de septembre, on assiste à un changement de temps brutal qui durera jusqu’à la moitié du mois. Le manque de soleil estival engendre des niveaux très élevés d’acide malique et les peaux sont épaisses et facilement extractibles. Il est possible d’interpréter cela comme un phénomène de puissance et de fraîcheur, l’acidité jouant alors le rôle d’un sel relevant l’intensité aromatique, mais masquant sans doute une légère fragilité.
Tout commence par un hiver tout en contraste.
En effet, après un mois de décembre quasi estival, l’hiver 2016 enchaîne sur une pluviométrie record sur les deux premiers mois de l’année (entre 400 et 500 mm suivant les secteurs) mais sur des températures plus douces qu’à l’accoutumée. On notera seulement quatre à cinq matinées aux températures négatives…
Cette douceur hivernale inquiète l’ensemble des vignerons, cette inquiétude grandit lorsque l’on voit les premiers bourgeons dans le coton dès les premiers jours de février.
Mais, les températures basses du mois de mars ainsi que des sols gorgés d’eau tempèrent la vigueur du vignoble, et le débourrement se fait avec seulement une petite semaine d’avance.
Malgré cette légère avance, la fraîcheur du mois d’avril ralentit la pousse, et on frôle même la catastrophe générale entre le 28 et le 30 avril avec quelques gelées locales, mais la sanction a été évitée de justesse.
Contrairement à de nombreuses régions françaises, Bordeaux échappe donc aux gels printaniers.
Comme si cela ne suffisait pas, le mois de mai prend le relais avec des précipitations supérieures aux normales décennales, et la pression du mildiou atteint elle aussi un pic record avec quelques gros dégâts par endroits. De manière générale, de nombreux vignerons se demandent, s’ils vont réussir à atteindre la fleur sans encombre.
Elle se passe presque par miracle aux alentours du 10 juin, de manière très homogène sur une période de trois à cinq jours, les seuls jours consécutifs sans pluie depuis des mois.
La récolte est belle, voire même généreuse par endroits et ce que tout le monde souhaite arrive enfin, du soleil et un temps sec.
L’hiver fut assez froid, avec bon nombre de gelées nocturnes. Il semblait long aussi, de par la succession de jours gris et humides de novembre à février, les pluies fréquentes et intenses.
Les réserves hydriques bien reconstituées, la situation s’inverse en mars pour un temps sec, mais toujours froid, qui repousse toujours plus loin l’éclosion des bourgeons. Il faudra attendre les premiers jours d’avril pour voir enfin le réveil de la végétation.
Autour du 10 avril, la douceur s’impose et les sols secs se réchauffent vite, C’est sans conteste un bon départ.
Les travaux s’enchaînent sans retard, et l’homogénéité de la sortie permet de réaliser de beaux ébourgeonnages. Dès le départ, la vigne se présente bien.
En mai, les conditions climatiques permettent une croissance rapide et régulière, les passages pour travaux et entretien des sols sont aisés, ainsi que les possibilités d’entrée dans les vignes pour les traitements. Les sols sont secs et se ressuient assez vite.
En début d'été, les températures modérées ainsi que l’absence de précipitation permettent une floraison rapide, groupée, sans trop de coulure ou de millerandage. Les balades dans les vignes, à cette époque, sont parfumées à la fleur de vigne, les récoltes se montrent équilibrées en quantité, car les grappes sont de tailles plutôt petites et bien pleines. Dans la plupart des cas, il n’y aura pas grand-chose à retoucher en termes d’éclaircissage. Le ciel reste sans nuage, accompagné d’une montée croissante des températures jusqu’en fin de mois.
Les premiers jours de juillet sont caniculaires, le beau temps semble installé pour l’éternité, pas une goutte d’eau depuis la mi-juin. La contrainte hydrique affiche alors les premiers symptômes. Dans les parcelles issues de sols mal gérés en termes de qualité d’enracinement, puis plus tard sur les sols sableux, de graves fines et tous types de sols superficiels, le vert du feuillage commence à pâlir un peu.
Alors que la crainte des blocages par la sécheresse est à son maximum, une succession d’épisodes pluvieux, sous forme d’orage, arrose le bordelais de manière inégale. La première réaction de la vigne est bénéfique. Sans pour autant reprendre sa pousse, elle se débloque. La véraison, languissante dans les premiers jours, se fait en quelques jours, aussi groupée que le fut la fleur. Le point de maturité sera homogène, quelle que soit la date de récolte, et c’est déjà rassurant.
En septembre, les fruits sont mûrs, peu acides et faciles à goûter. Le feu de juillet aura brûlé les acides et le végétal alors que la modération du mois d’août maintiendra dans le goût une idée de fraîcheur et de classicisme. Aucune dureté, aucun exotisme, une extractabilité parfaite des peaux, tout ce qu’il faut pour rendre grâce aux terroirs grâce au luxe de pouvoir faire des vinifications souples, de révéler des vins identitaires et contemporains.
Après un bel hiver d’une douceur exceptionnelle, ne comptant que quelques jours de gelée, les premiers rayons de soleil d’avril provoquent un débourrement de la vigne rapide et homogène. On compte alors deux bonnes semaines d’avance. Après la présentation morose du millésime 2013, c’est rassurant. Le climat est orageux, avec des précipitations fréquentes, peu intenses, mais régulières. Les températures se rafraîchissent dès la deuxième partie du mois, ce qui a pour effet de mettre un frein considérable à la vigueur de la pousse. L’avance sur le cycle se restreint. La météo du mois de mai garde un profil orageux et les pluies restent fréquentes. Il n’est pas simple de protéger le vignoble, de trouver l’opportunité de rentrer, alors que les traitements sont vite lessivés. Les sols, où poussent les herbes adventices que l’hiver n’a pas pu détruire, ont de la difficulté à se ressuyer après les pluies fréquentes, surtout les plus argileux. L’activité photosynthétique manque un peu d’énergie, le feuillage est un peu terne. L’inquiétude monte alors à mesure que la floraison approche. On a besoin de chaleur. Sur les secteurs précoces, on observe les premières fleurs dans les derniers jours du mois.
En août, ambiance fraîche et orageuse, le millésime appelle encore à la vigilance. Bien des feuillages en feront les frais, se laissant envahir par un « mildiou mosaïque » assez virulent. Bien des sols, qu’il ne faudrait plus toucher, sont trop sales pour tenir jusqu’aux vendanges. L’année du vigneron se dessine, s’imprime dans le paysage. Quelques parcelles s’affichent telles des verrues dans une architecture viticole marquée par le savoir-faire des vignerons. Une image de satisfaction, un vignoble en place malgré la contrainte. En fin de mois, alors que la véraison s’achève, les raisins gonflent, gorgés d’eau. Dans nombre de parcelles, le travail est à refaire, à peaufiner. Il faut couper des grappes, affiner les effeuillages. Le soleil s’installe de manière franche, la dernière ligne droite sera longue et difficile.
Alors qu’on n’y croyait plus, les beaux jours s’enchaînent en septembre, puis les belles semaines, laissant enfin un sentiment d’éternité. Le bilan est pourtant lourd, le poids des raisins pulvérise celui de la moyenne décennale. Les analyses de moût du début de mois laissent apparaître une situation plus mauvaise qu’en 2013. Il va falloir tenir, attendre et compter sur le maintien du beau temps. C’est une maturité d’automne, elle ne se fera pas par le soleil. Le temps, l’alternance de nuits fraîches et de jours ensoleillés ont un rôle essentiel sur l’attendrissement des peaux. Elles se dilatent, se rétractent sans cesse. Elles se tannent.
Plus que jamais, l’opportunité de la créativité pour organiser la vendange s’est présentée cette année. Nombre de domaines, qui nécessitent 10 jours pour vendanger, prirent un mois afin de rentrer chaque parcelle sous la maturité optimum, ou choisie. Les premiers merlots tombèrent vers le 20 septembre alors que les derniers cabernets quittèrent leur ceps dans les tout derniers jours d’octobre.
Après un hiver doux et humide, l’arrivée du printemps, bien que timide, permet une explosion de la végétation et la vigne débourre de manière très régulière. Tous les bourgeons explosent en même temps, exposant les mannes des futures grappes, invitant aux premiers pronostics : c’est un millésime de fruit, cela fera du bien après deux millésimes peu productifs. On va couper du raisin, et même beaucoup, selon les avis. Les températures restent basses tout le mois et freinent la pousse.
En mai, pluies régulières et le froid tenace ne permettent pas aux sols de se réchauffer, surtout dans les argiles. C’est dans la deuxième quinzaine de mai que les symptômes de froid se manifestent. La pousse devient irrégulière, selon le type de sol, et le manque de végétation pour l’époque est indéniable. Le feuillage est terne, tirant sur le vert pâle. Les feuilles sont épaisses, la vigne a froid. La tendance ne s’inverse pas en juin et le froid demeure durant tout le mois. Les participants à Vinexpo Bordeaux se souviendront longtemps de la violence des averses ainsi que de la fraîcheur des soirées festives, telle la Fête de la Fleur ou autre. C’est dans ces conditions assez dramatiques que démarre la floraison. Très longue sur le cépage merlot, un peu plus courte sur les cabernets, l’expulsion des capuchons s’étire sur deux semaines occasionnant une coulure importante, ainsi qu’une fabuleuse possibilité d’intrusion pour le botrytis, dans une période des plus sensibles.
Le bilan du 1er juillet est déprimant. On sait déjà que la récolte sera petite, et la vigne accuse trois semaines de retard sur son cycle végétatif. C’est énorme. Par chance, la chaleur s’installe durablement et redonne le sourire aux vignerons. Les jours de beau temps, chauds et secs, s’enchaînent tout le mois et donnent un sentiment d’éternité. Le retard se rattrape. Juillet sera le mois le plus chaud de ces vingt dernières années. Le botrytis est en sommeil, latent, et le feuillage a repris de la splendeur.
La véraison commence timidement et s’étire de la même manière que la floraison. Il faudra souvent passer dans les vignes afin d’affiner l’homogénéité de la maturité en queue de véraison. Malgré les petits rendements, il faut encore couper des grappes. Les contre-effeuillages commencent alors. Le compte à rebours est déclenché. Il faudra tenir longtemps.
En moyenne, les vendanges devraient commencer autour du 7 octobre pour les merlots et on pouvait logiquement croire à un beau millésime tardif, comme le furent 2008 ou 2011. Les vignes bien préparées, avec des grappes généralement lâches en raison de la coulure, pouvaient tout à fait aller au bout, à la parfaite maturité. Dès le 20 septembre, les températures remontent alors que l’humidité s’installe. Dans ce climat de type tropical, le champignon ne tarde pas à se réveiller. La situation n’est pas générale, et sans doute le type de sol comme les quantités d’eau reçues lors des orages du mois d’août ont eu leur importance. Au-delà de la précision, du talent des vignerons, ce millésime aura exigé d’avoir de la chance. Souvent, il a fallu démarrer les vendanges en fin de mois pour des raisons sanitaires.
Le printemps frais et humide provoque un débourrement assez tardif. Jusqu’en juillet, la pluie et l’humidité de l’air restent constantes. Ces conditions nous poussent à conserver intégralement les céréales semées à l’automne 2011. Elles permettent de limiter l’érosion des sols, de garantir la portance nécessaire au passage des outils, de concurrencer la vigne pour éviter les excès de vigueur. Le travail racinaire est très bénéfique au printemps où leur pousse est accrue. Seules les parties très faibles du vignoble, et qui ont besoin d’être stimulées (pointe du plateau par exemple), sont labourées dès le printemps. Le gel frappe les cabernets francs et les parties basses du domaine proches du bois. La récolte s’annonce déjà limitée en volume sur ces zones qui prennent du retard dans le cycle et seront ramassées en conséquence.
Les ébourgeonnages corrigent les excès de pousse et de charge, et sont réalisés assez rapidement. Les levages demandent beaucoup d’efforts cette année où la vigne ne cesse de pousser.
Paradoxalement, ce printemps excessivement pluvieux intervient après deux années de sécheresse et permet aux sols de reconstituer une partie des réserves lourdement déficitaires jusqu’alors. En même temps, c’est un coup de pousse qui arrange bien Clarisse dont le plateau souffrait d’un sérieux manque de vigueur. L’eau en abondance conjuguée aux apports de compost antérieurs et aux travaux de sols nous permet dès 2012 de retrouver de beaux bois et un meilleur équilibre de la vigueur. C’est la garantie de pouvoir tailler un peu plus long en 2013, et pour la plante d’améliorer les mises en réserve dans les racines ainsi que sa résistance aux stress hydriques à venir.
L’été s’installe après une floraison un peu difficile, marquée par une coulure importante mais raisonnable. La floraison s’étale sur 15 à 20 jours. C’est autant d’hétérogénéité d’une grappe à l’autre du point de vue de la maturité. Dès lors, nous prenons la décision de n’intervenir en vert que sur la présentation de récolte dans un premier temps, en jouant sur la ventilation (effeuillage et suppression des entassements de récolte). Nous attendrons la fin de la véraison pour supprimer toutes les grappes en retard. C’est le seul moyen d’obtenir une récolte à la maturité homogène. Il faudra passer et repasser dans les vignes jusqu’à la fin du mois d’août pour supprimer les grappes qui auront fleuri en retard.
Le terroir de Clarisse est plutôt froid. Les argiles conservent l’eau et confèrent des maturités tardives. Les pluies de la mi-septembre nous laissent craindre le botrytis, mais les travaux de présentation de récolte, d’entretien des sols et d’effeuillage ne permettent pas son installation. Les peaux sont épaisses, la maturité est longue, c’est un millésime d’automne, il faut vendanger tard.
Le soleil s’installe dès les premiers jours du mois provoquant un débourrement explosif. D’une homogénéité rare, les jeunes branches poussent à vue d’œil et le paysage se pare d’un vert chatoyant. Le printemps est là. Les travaux d’ébourgeonnage, de sélection des jeunes pousses, ainsi que la protection phytosanitaire, sont prioritaires, alors que la chaleur s’installe, les sols s’assèchent, durcissent et rendent très compliqués les travaux mécaniques de labour ou de griffage. L’avance de la végétation est considérable ; on prend des paris sur l’apparition des premières fleurs, qu’on observera dès les premiers jours de mai. La moyenne des températures s’élève au-dessus de 16 degrés, ce qu’on trouve habituellement en fin mai. Avec 300 heures d’ensoleillement, c’est un mois d’avril exceptionnel que l’on n’a pas observé depuis 1982. En mai, après une floraison homogène et groupée, les belles promesses de récolte sont quasi générales. Le soleil reste solidement installé alors que les orages sont constamment repoussés. La sécheresse commence à se faire sentir. Peu à peu, les feuilles durcissent et prennent des teintes plus ternes. L’herbe des sols, qui souvent n’ont pu être travaillés, ressemble à la fenaison de juillet. C’est l’été avant l’heure !
En juin, cela fait maintenant sept mois que le niveau des pluies se situe en deçà des normales saisonnières. Par chance, il ne fait pas trop chaud et les nuits sont fraîches. Les orages sont trop timides et ne laissent au total qu’une vingtaine de millimètres d’eau pour le mois. À peine de quoi humecter la poussière ! Le vignoble est très hétérogène. Les sols filtrants, graveleux ou sableux, sont dans la souffrance. Leur pousse est faible, le port des feuilles par les branches manque d’allure, de fierté presque. La faible pousse laisse aussi apparaître un déficit foliaire. Non à cause de grappes pléthoriques, mais par manque de feuilles.
Le temps change radicalement et le mois de juillet devient le mois le plus frais de ces trente dernières années. La pluie revient aussi. Il pleuvra chaque jour du 16 au 26, laissant le souvenir d’un juillet maussade, triste et sans lumière. La vigne en profite pour se refaire une santé. Elle cicatrise, elle pousse de nouveau et les raisins gonflent. Grâce à l’avance de cycle occasionnée par la sécheresse du printemps, la véraison est homogène et groupée. La vigne semble se reconnecter avec les messages du ciel.
Avec une douzaine de jours pluvieux, on peut considérer ce mois d’août comme arrosé, mais assez chaud. En deuxième partie de mois, la fraîcheur s’installe peu à peu avec des nuits fraîches. La première quinzaine de septembre est estivale, avec des nuits assez chaudes.
2011 restera dans les mémoires comme un millésime compliqué. Il fallait avoir un peu d’argile pour passer le printemps mais pas trop pour passer l’automne. Un millésime qui récompense ceux qui ont depuis longtemps une bonne gestion de leur sol et des enracinements de qualité, profonds. La prophylaxie était parfois plus importante que la charge, qui, elle, devait être adaptée au cycle et à la qualité du feuillage. Les caves devaient être bien équipées en matériel de tri, face à une vendange qui pouvait présenter des grains secs, des grains flétris et/ou des grains pourris. Face à ce millésime, le vinificateur avait aussi à étalonner la fragilité de ses raisins afin d’adapter ses vinifications en termes d’extraction.


